La traumatologie du nageur

Les troubles musculaires

LA CRAMPE

C'est une contraction involontaire et très intense du muscle. La douleur associée à la crampe n'est pas due à la contraction involontaire mais à l'incapacité du sang à pénétrer dans le muscle du fait de la pression interne trop importante. Il ya 3 explications possibles du mécanisme :

1. Les mouvements répétées limitent l'élimination des déchets et entraînent une accumulation d'acide dans la cellule musculaire. Au moment critique, le muscle ne dispose plus de suffisamment d'énergie pour enlever la molécule de calcium responsable de la contraction musculaire. La contraction musculaire se poursuit jusqu'à la crampe

2. Une contraction musculaire fait suite à une stimulation nerveuse. Or, l'abaissement du seuil d'excitabilité des neurones moteurs suite à une motivation extrême entraînerait un excès d'influx électriques auxquels le muscle ne peut faire face

3. Le muscle est eveloppé d'une membrane. Or à l'effort, des micros déchirures de la membrane peuvent laisser pénétrer une grosse quantité de calcium dans le muscle entraînant ainsi une contraction continue

 

LA CONTRACTURE

Elle provient de la contraction exagérée d'une partie du muscle. Elle peut provenir d'une contraction réflexe visant à protéger le muscle et les articulations en jeu suite à un étirement important. L'origine peut être également une fatigue importante du muscle entraînant des désordres moléculaires dans la cellule musculaire (calcium, potassium, magnésium). Elle peut enfin être favorisée par une lésion musculaire récente (élongation, déchirure, contusion…)

 

LA COURBATURE

Se traduit par une douleur musculaire qui apparaît après l'exercice et donc le pic se situe 24 à 48 heures après. Elles sont principalement dues à trois causes :

  • Des petits épanchements de sang provoqués par rupture des capillaires sanguins
  • Une accumulation de déchets (acidité, ammoniac…) dans le muscle
  • Un épuisement des stocks de glycogène

Ces troubles musculaires regroupent des problèmes principalement fonctionnels, sans lésions (troubles de la contraction). 2 autres catégories seraient à considérer mais rares en natation : les contusions (aussi appelées hématomes) et les déchirures (dont il faut considérer 3 stades : élongation, déchirure, rupture).

Les lésions tendineuses et ligamentaires

A leurs extrémités, les fibres musculaires se rejoignent pour former les fibres tendineuses ou tendons. Ces fibres font partie intégrante du muscle et le relient aux os. Le tendon est un tissu qui assure la transmission au squelette des forces générées. Il rend ainsi possible le mouvement du corps dans l'espace. Contrairement au muscle, ses fibres ne sont pas contractiles. En revanche, leur organisation très stricte assure la résistance nécessaire aux forces qui s'appliquent sur le tendon. L'intégrité du tendon découle de différents facteurs à la fois mécaniques, métaboliques (transformation d'énergie) et vasculaires (circulation des liquides)

La souffrance de l'ensemble des parties du tendon est désignée sous le terme de tendinopathie. Mais en réalité les tendinopathies sont de différents types, notons les plus courantes :

  • La maladie des insertions : atteinte de l'insertion du tendon sur le muscle (myotendinite) ou sur l'os (ténopériostite d'insertion).
  • La ténosynovite : atteinte de la gaine du tendon
  • La ténobursite et la bursite : atteinte du tendon et de la bourse séreuse (petit sac contenant un liquide visqueux). Ce petit sac de roulement permet aux muscles de se contracter sans que leurs tendons ne se frottent et ne frottent les os ou les tissus.
  • La tendinose: atteinte du corps du tendon (dégénérative ou inflammatoire)
  • La rupture tendineuse : rupture partielle ou totale, résultat d'une tendinose évolutive.
  • La luxation tendineuse : perte du trajet anatomique habituel du tendon.

Quelques facteurs sont connus pour favoriser ces tendinopathies :

  1. L’effort physique intense.
  2. La raideur musculaire.
  3. L'alimentation.
  4. La déshydratation.
  5. L'hygiène bucco-dentaire (les caries sont des foyers infectieux)

Les lésions ligamentaires concernent aussi les entorses. Mais elle sont rares en natation. Toutefois lorsqu'un nageur a une entorse, il est bien handicapé pour l'entraînement puisque les ligaments du pied sont très sollicités en natation. En dos, en papillon et en crawl, en recherchant l'elasticité ligamentaire et en brasse par l'éversion du pied.

Les lésions osseuses

Les fractures de stress ou de fatigue sont des fracture partielle ou complète d’un os devenu incapable de résister à une contrainte d’amplitude modérée, qui lui est appliquée de manière répétitive. Les fractures de fatigue sont des cassures osseuses, le plus souvent, au niveau du tibia, des os des orteils (métatarsiens) et du col du fémur.

La déminéralisation de l'os due à une sollicitation mécanique excessive est à l'origine de la fracture de fatigue. Elles peuvent aussi être liées à des déséquilibres hormonaux. Toutes les situations provoquant un accroissement des contraintes mécaniques (augmentation de la charge d'entraînement, sol dur, chaussures trop usées…) favorisent la survenue de ces pathologies.

 

La bursite est l'nflammation des bourses articulaires que sont les poches de protection au niveau des coudes et des genoux. On trouve de la synovie dans ces bourses, liquide dont le rôle est la protection de l'articulation contre les chocs. Or, lors de saignements, il y a risque d’infection de la bourse et donc de l’articulation

Bibliographie

Azemar, La crampe du sportif. Médecine du Sport 1979

Brushoj et coll, Swimmers painful shoulder arthroscopic findings and return rate to sports. Scand J Med Sci Sports 2007

Olivier, Quintin, Rogez. Le complexe articulaire de l'épaule du nageur de haut niveau. Ann Med Phys Rea 51 2008; 342-7